Réseau AWS : VPC, Route 53, CloudFront – bâtir des fondations propres

Réseau AWS : VPC, Route 53, CloudFront – bâtir des fondations propres

Une bonne partie de la fiabilité et de la sécurité de ton application AWS dépend de ta couche réseau. Dans cet article, on structure les briques :

  • VPC (réseau virtuel, subnets, routage) ;
  • Security Groups / NACLs ;
  • Route 53 (DNS) ;
  • CloudFront (CDN).

1. VPC : ton “datacenter virtuel”

1.1 Modèle

Un VPC (Virtual Private Cloud) est un réseau logique isolé dans AWS :

  • tu choisis une plage IP (ex : 10.0.0.0/16) ;
  • tu crées des subnets (sous‑réseaux) publics/privés ;
  • tu définis des tables de routage (vers Internet, vers d’autres VPC, vers on‑prem…).

1.2 Organisation classique

  • Subnets publics :
  • contiennent les load balancers (ALB/NLB) ;
  • accès Internet direct via une Internet Gateway.

  • Subnets privés :

  • contiennent les instances applicatives (EC2/ECS/EKS) et bases de données ;
  • l’accès Internet sortant se fait via un NAT Gateway (ou pas du tout).

Objectif : aucune base de données ou backend critique n’est directement exposé à Internet.


2. Security Groups et NACLs : les garde‑fous

2.1 Security Groups

Les Security Groups sont des pare‑feu stateful appliqués aux ressources (EC2, RDS, ALB, etc.) :

  • ils définissent des règles entrantes et sortantes (ports, IP, autres SG) ;
  • le trafic autorisé en entrée est automatiquement autorisé en sortie.

Pratiques recommandées :

  • un SG par rôle (ALB, backend API, base de données…) ;
  • utiliser des références de SG plutôt que des IP (ex : le SG du RDS autorise le SG de l’API).

2.2 NACLs

Les Network ACLs sont des listes de contrôle au niveau subnet, stateless. Dans beaucoup de projets, on les laisse proches de la configuration par défaut (allow all) et on concentre la logique dans les Security Groups.


3. Route 53 : DNS managé

Route 53 est le service DNS d’AWS.

  • tu y gères la zone DNS de ton domaine (ton-domaine.fr) ;
  • tu crées des enregistrements (A, AAAA, CNAME, TXT, etc.) ;
  • tu peux utiliser des alias vers des ressources AWS (ALB, CloudFront, S3 static website).

Cas d’usage typiques :

  • www.ton-domaine.fr qui pointe vers un CloudFront ou un ALB ;
  • sous‑domaines pour des services spécifiques (api., admin., static.).

4. CloudFront : CDN et couche de protection

CloudFront est le CDN d’AWS :

  • il met en cache ton contenu dans des edge locations proches des utilisateurs ;
  • il agit comme reverse proxy devant S3, ALB, API Gateway, etc.

Avantages :

  • latence réduite ;
  • capacité à absorber les pics de trafic ;
  • intégration avec WAF pour filtrer certaines attaques.

5. Exemple d’architecture réseau pour une appli web

Un pattern courant pour une application web :

  1. Utilisateurhttps://app.ton-domaine.fr (Route 53).
  2. Route 53 pointe vers une distribution CloudFront.
  3. CloudFront renvoie :
  4. les assets statiques depuis S3 ;
  5. le trafic dynamique vers un ALB en back‑origin.
  6. L’ALB se trouve dans des subnets publics du VPC.
  7. Les instances ECS/EC2/EKS sont dans des subnets privés, derrière l’ALB.
  8. Les bases de données RDS/Aurora sont dans des subnets privés dédiés, sans accès Internet direct.

Cette architecture permet :

  • d’exposer uniquement le strict nécessaire ;
  • de séparer clairement les couches (edge, web, data).

6. Gestion, optimisation et sécurité

6.1 Gestion

  • Documenter ton adressage IP, la séparation des subnets et les routes.
  • Utiliser Terraform/CloudFormation/CDK pour décrire VPC, subnets, SG, Route 53.
  • Éviter d’empiler les ressources “à la main” dans la console.

6.2 Performance

  • Toujours passer les assets statiques par CloudFront.
  • Activer la compression (Gzip/Brotli) au niveau serveur web.
  • Éviter les allers‑retours inter‑régions (garder l’architecture dans une région sauf besoin spécifique).

6.3 Sécurité

  • Bloquer tous les ports non nécessaires (seulement 80/443 sur l’ALB, 22 uniquement via bastion/VPN si indispensable).
  • Forcer HTTPS partout (certificats ACM sur CloudFront/ALB).
  • Désactiver toute exposition publique inutile des bases de données ou services internes.

7. Résumé

Construire un réseau AWS propre, c’est :

  • penser VPC (subnets publics/privés bien séparés) ;
  • utiliser des Security Groups bien nommés pour contrôler finement les flux ;
  • confier le DNS à Route 53 et le CDN à CloudFront pour la performance globale.

Avec ces fondations en place, les autres briques (compute, bases, file storage) s’imbriquent proprement et restent gérables à long terme.+

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