Mesurer l’UX : KPIs, analytics, tests et A/B testing (sans vanity metrics)
Améliorer l’UX sans mesure, c’est possible… jusqu’à un certain point.
Sans données, tu ne sais pas si :
- la friction est réelle ou juste “ressentie”
- une amélioration marche pour 10 % ou pour 90 %
- tu as déplacé le problème ailleurs
Mais attention : mesurer n’est pas empiler des dashboards. L’objectif est de prendre de meilleures décisions.
1) Les pièges : vanity metrics et fausses certitudes
Vanity metrics typiques :
- pages vues sans contexte
- temps passé (parfois signe de friction)
- “engagement” flou
Question clé :
“Quelle action représente une réussite utilisateur ?”
2) Les métriques UX vraiment utiles
Pour un parcours, mesure :
- taux de complétion (conversion)
- temps pour réussir (time-to-success)
- drop-off par étape (où ça casse)
- erreurs (fréquence, type)
- retours arrière (hésitation)
Et si tu peux :
- support tickets liés au parcours
- NPS/CSAT ciblé après l’action (pas global)
3) Instrumentation minimale : 5 événements bien choisis
Tu n’as pas besoin de 200 events.
Pour un funnel simple :
funnel_startstep_1_completedstep_2_completedsuccesserror(avec code / type)
Ajoute :
source(mobile/web)variant(si A/B)latency_bucket(si perf)
L’idée : diagnostiquer sans espionner.
4) Funnels et cohortes : la base de l’analyse
- Funnel : où les gens sortent
- Cohorte : comment le comportement évolue dans le temps (nouveaux vs anciens)
Souvent, l’amélioration UX n’est pas “+10 % global” mais :
- +25 % sur mobile
- +5 % sur desktop
Sans segmentation, tu rates l’essentiel.
5) Quali + quanti : le duo gagnant
Les chiffres disent où ça casse.
Les tests utilisateurs disent pourquoi.
Une méthode efficace :
- repérer un drop-off
- faire 5 tests ciblés sur cette étape
- corriger
- re-mesurer
6) A/B testing : quand c’est utile (et quand ça ne l’est pas)
Un A/B test est utile quand :
- tu as du trafic suffisant
- l’impact attendu est mesurable
- tu contrôles les variantes (pas 15 variables)
Inutile (voire dangereux) quand :
- le problème est un bug UX évident
- le trafic est faible (tu concluras au hasard)
Avant un A/B, fais souvent un test utilisateur : c’est plus rapide et plus “explicatif”.
7) Exemple de KPIs “propres” par type de feature
Onboarding
- activation (action clé atteinte)
- temps pour activation
- support lié à l’inscription
Formulaire
- taux de complétion
- erreurs / champ
- abandon par étape
Checkout
- conversion
- erreur paiement
- latence
Conclusion
Mesurer l’UX, ce n’est pas “tout tracker”.
C’est choisir des indicateurs qui reflètent la réussite utilisateur, et boucler vite entre :
- observation (quanti)
- compréhension (quali)
- amélioration (design/dev)
- validation (mesure)
Si tu fais ça, tu progresses régulièrement — et tu évites les débats sans fin.